Cela fait huit ans. Huit longues années que les fans scrutent l’horizon en attendant le retour de la chasseuse de primes la plus célèbre de la galaxie. Depuis ce 4 décembre 2025, l’arlésienne est enfin là. Metroid Prime 4: Beyond n’est pas seulement un jeu, c’est la première véritable épreuve du feu pour la Nintendo Switch 2.
Au-delà de l’émotion des retrouvailles, une question technique brûle les lèvres de tous les joueurs : ce titre justifie-t-il à lui seul l’achat de la nouvelle console de Nintendo ? Retro Studios a-t-il réussi à marier l’atmosphère solitaire de la saga avec la puissance brute de l’architecture Ampere ? J’ai passé plus de 15 heures sur la planète Viewros pour disséquer ce qui s’annonce comme le test technique de l’année.
⚡ Le verdict en un coup d’œil
Metroid Prime 4: Beyond est la vitrine technique que la Switch 2 attendait. Si la direction artistique reste fidèle à l’ADN de la saga, le saut technologique est bien réel : la 4K reconstruite offre une netteté cristalline et le mode 120Hz transforme radicalement le gameplay. Attention cependant : le jeu porte les stigmates d’un développement “cross-gen”, avec un monde ouvert parfois vide et une narration assistée qui divisera les puristes.
- Note technique : 9/10
- Note globale : 8/10
- La “Killer Feature” : La fluidité absolue du mode Performance.
Performance Switch 2 : Le premier vrai showcase du 120Hz
Soyons directs : si vous cherchiez une raison technique de passer à la Switch 2, la voici. Là où les premiers titres de la console se contentaient souvent d’un simple lissage, Metroid Prime 4 exploite le hardware pour redéfinir le confort de jeu.
Modes d’affichage : le choix du roi
Retro Studios propose deux profils distincts, et pour la première fois chez Nintendo, le choix est cornélien tant les deux sont maîtrisés :
- Le Mode Qualité (4K reconstruit / 60 FPS) : C’est la claque visuelle. Le jeu utilise une résolution interne (probablement du 1440p) upscalée vers la 4K via des techniques de reconstruction d’image similaires au DLSS. Le résultat ? Une image d’une netteté chirurgicale, la plus propre jamais vue sur une machine Nintendo. Les textures des armures et les environnements organiques de Fury Green fourmillent de détails microscopiques.
- Le Mode Performance (1080p / 120 FPS) : C’est ici que la magie opère. Pour un First-Person Shooter (FPS) nerveux, le passage à 120 images par seconde n’est pas un luxe, c’est une transformation. La latence entre votre action et la réaction à l’écran est divisée par deux. La visée devient instinctive, presque télépathique. Si vous avez un écran compatible, c’est le mode que je recommande sans hésiter.
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Au-delà des pixels : lumière et chargements
Techniquement, le jeu ne propose pas de Ray Tracing matériel complet (trop gourmand pour maintenir ces framerates), mais il utilise des astuces logicielles brillantes. Les “God Rays” (rayons de lumière) traversent la brume avec un réalisme saisissant, et la condensation sur la visière de Samus réagit dynamiquement à la température. C’est du “trompe-l’œil” de haute volée.
Note : Le véritable changement de paradigme vient du SSD. Fini les interminables trajets en ascenseur ou les portes qui mettent trois secondes à s’ouvrir pour masquer un chargement. Sur Switch 2, le monde est quasi continu.
Gameplay et nouveautés : au-delà de la technique
Une belle coquille ne sert à rien si elle est vide. Heureusement, le gameplay reste du pur Metroid Prime, avec une couche de modernisation bienvenue.
Le “Psychic Visor” et la révolution des contrôles
La grande nouveauté de cet opus est le Viseur Psychique. Là où le scan traditionnel était passif (lire des informations), ce nouveau viseur est actif. Il permet de manipuler la matière, de résoudre des puzzles environnementaux complexes et d’arracher des boucliers ennemis. Cela ajoute une texture physique au monde qui rappelle les meilleures heures de Half-Life 2.
Mais la surprise vient des périphériques. La Switch 2 supporte nativement le combo clavier/souris sur ce titre. J’ai testé cette configuration : la précision est totale, transformant le jeu en un shooter PC compétitif. Attention toutefois à un petit bug connu : si vous activez le mode souris et repassez à la manette Pro sans redémarrer, le stick droit peut entrer en conflit. Un patch est attendu, mais vous êtes prévenus !
Monde ouvert et structure : les points qui fâchent
C’est ici que l’analyse doit se faire plus critique. Le jeu introduit une vaste zone centrale ouverte, la Sol Valley, que l’on traverse avec une moto, la Vi-O-La. Sur le papier, c’est excitant.
Dans les faits, cette zone souffre du syndrome du “monde vide”. On sent ici les limites du développement cross-gen. Pour que cette zone tourne correctement sur la première Switch, la densité d’objets a dû être sacrifiée. Résultat ? On traverse de grandes étendues désertiques qui servent davantage de zone tampon (“padding”) que de véritable terrain de jeu. C’est beau, mais c’est plat.
L’autre point de friction concerne Miles Mackenzie, votre nouveau compagnon radio. Nintendo a voulu rendre l’aventure moins austère, mais ce personnage bavard brise souvent le sentiment d’isolement qui fait le sel de la série. Avoir un PNJ qui vous donne la solution d’une énigme avant même que vous ayez pu y réfléchir est une forme d’assistance (hand-holding) dont les vétérans se seraient bien passés.
Comparatif : faut-il acheter la version Switch 2 ou Switch 1 ?
C’est la question à 70 euros. Le jeu sortant sur les deux supports, les différences sont-elles flagrantes ?
- Sur Switch 1 (Modèle 2017/OLED) : Le jeu est un tour de force d’optimisation, mais les sacrifices sont visibles. L’image est décrite comme “douce” (comprenez : floue), la résolution chute souvent sous les 720p en mode portable, et l’aliasing est omniprésent. C’est jouable, c’est complet, mais c’est visuellement daté.
- Sur Switch 2 : C’est la vision définitive. La netteté de l’image, la stabilité du framerate et l’absence de temps de chargement changent l’expérience.
Astuce : Si vous possédez la version numérique sur Switch 1, sachez qu’un patch de mise à niveau vers la version Switch 2 est disponible pour une dizaine d’euros. Inutile de racheter le jeu au prix fort si vous upgradez votre console plus tard.
Le verdict final de Metroid Prime 4 sur Switch 2
Metroid Prime 4: Beyond est un paradoxe fascinant. C’est à la fois une démonstration éclatante des capacités de la Switch 2 et la victime d’un développement chaotique à cheval sur deux générations. En tant que démonstration technique, c’est une réussite totale : le 120Hz et la qualité d’image placent la barre très haut pour les futures productions Nintendo.
Cependant, ne vous attendez pas à une révolution du game design. Entre un monde ouvert un peu vide et une narration parfois trop intrusive, le jeu trébuche sur ses ambitions de modernité. Il n’en reste pas moins un indispensable pour tout possesseur de la nouvelle machine, ne serait-ce que pour voir ce qu’elle a, littéralement, dans le ventre.
Récapitulatif
On aime (Les +)
- Le mode 120Hz d’une stabilité bluffante.
- La direction artistique sublimée par la 4K.
- Le gameplay au clavier/souris.
- Les chargements instantanés.
On aime moins (Les -)
- La zone Sol Valley vide et sans vie.
- Miles Mackenzie, trop bavard et “assisté”.
- Quelques bugs de collision (moto) et softlocks.
Si vous avez la Switch 2, foncez. Si vous êtes encore sur Switch 1, préparez-vous à une expérience solide mais techniquement bridée.













