Illustration symbolisant le duel entre Plex, Jellyfin et Emby en 2025

Plex vs Jellyfin vs Emby : Quel serveur multimédia choisir en 2025 ?

Modifié le 2 décembre 2025

Sommaire

2025 restera dans l’histoire du “Home Lab” comme l’année de la rupture. Entre l’augmentation brutale des tarifs de Plex (+108 %) et la maturation technique impressionnante de l’open-source, les cartes ont été totalement rebattues. Faut-il céder à la facilité payante ou embrasser la souveraineté numérique ? Analyse technique, économique et sans concession pour équiper votre salon en 2025.

Il y a encore trois ans, quand un ami me demandait “Comment je fais pour regarder mes films de vacances sur ma télé ?“, la réponse fusait : “Installe Plex, ne te pose pas de questions“. C’était la solution clé en main, élégante, infaillible.

Aujourd’hui, ma réponse est beaucoup plus nuancée. Pourquoi ? Parce que le paysage a changé du tout au tout. D’un côté, nous avons des éditeurs qui ont transformé nos serveurs personnels en machines à cash. De l’autre, des communautés bénévoles qui ont abattu un travail titanesque pour rivaliser avec les géants.

Dans ce comparatif, nous allons laisser le marketing de côté pour regarder ce qui se passe vraiment sous le capot : performance sur les processeurs modernes (Intel N100), gestion des codecs AV1, sécurité et, bien sûr, l’impact sur votre portefeuille.

Le choc économique : combien ça coûte vraiment en 2025 ?

C’est le sujet qui fâche, mais il faut creuser l’abcès tout de suite. L’année dernière, le coût de possession d’un serveur multimédia a explosé pour ceux qui sont restés fidèles aux solutions propriétaires.

Plex : la fin de l’insouciance

Si vous avez raté l’épisode d’avril 2025, accrochez-vous. Plex a augmenté le prix de son fameux Lifetime Plex Pass (la licence à vie) pour atteindre la somme astronomique de 249,99 $ (environ 230 €). C’est plus du double de ce que nous payions il y a quelques années.

Mais le plus insidieux n’est pas là. C’est l’apparition du Remote Watch Pass. Auparavant, streamer vos fichiers en dehors de chez vous était inclus. Désormais, pour les nouveaux utilisateurs gratuits, c’est une option payante ou restreinte. Vous payez votre matériel, votre électricité, votre stockage… et vous devriez payer un loyer numérique pour y accéder ?

C’est un changement de philosophie majeur qui transforme Plex en une plateforme de streaming qui “tolère” vos fichiers locaux.

A lire : Comment installer un Netflix maison avec Plex

Emby et la “taxe européenne”

Emby, l’éternel challenger, joue aussi sur le terrain du payant avec sa licence Emby Premiere. Si le tarif américain semble stable (environ 119 $), nous, utilisateurs français, subissons une conversion monétaire punitive. En 2025, l’abonnement mensuel nous coûte souvent 50 % plus cher que nos homologues américains une fois les taxes et conversions appliquées.

Payer pour débloquer l’accélération matérielle (utiliser la carte graphique que vous avez déjà achetée) devient difficile à justifier.

Jellyfin : l’anomalie du marché

Et puis, il y a Jellyfin. Prix : 0 €. Pas de version “Premium”, pas de fonctionnalités cachées. Le transcodage matériel ? Gratuit. La TV en direct ? Gratuit. Les applications mobiles ? Gratuites.

C’est le seul logiciel de ce trio qui ne vous voit pas comme un client, mais comme un utilisateur.

A lire : Comment configurer un serveur multimédia avec Jellyfin

Performance technique : la bataille du silicium (N100 & AV1)

ros plan sur un processeur Intel N100 gérant le transcodage vidéo matériel.

Laissez-moi mettre ma casquette d’admin sys un instant. En 2025, le serveur domestique par excellence n’est plus une grosse tour énergivore, c’est le Mini-PC équipé du processeur Intel N100 (ou N305).

Ces petites puces consomment moins de 15 Watts mais sont des monstres de puissance pour la vidéo… à condition d’avoir le bon logiciel.

Le scandale du transcodage matériel

Le transcodage, c’est la capacité du serveur à adapter la vidéo en temps réel si votre connexion est mauvaise ou si votre TV ne lit pas le format. Pour faire ça bien, il faut utiliser la puce graphique (iGPU) du processeur.

  • Sur Jellyfin : L’installation sur un N100 via Docker est un bonheur. Il active l’accélération matérielle (QuickSync) nativement. Vous pouvez gérer plusieurs flux 4K HDR vers 1080p sans faire transpirer le processeur.
  • Sur Plex et Emby : Vous avez le même matériel performant ? Dommage. Si vous ne passez pas à la caisse (Plex Pass ou Premiere), le logiciel bride volontairement l’accès à votre GPU. Résultat : votre processeur sature, le ventilateur souffle, et la vidéo saccade.

Note : La gestion du codec AV1, devenu standard en 2025, est mieux intégrée dans Jellyfin qui adopte les dernières librairies ffmpeg plus rapidement que les cycles de validation lourds de Plex.

Pour creuser sur la solution technique pour votre serveur multimédia, je vous invite à lire cet article “NAS Synology ou PC dédié : Quel est le meilleur matériel pour un serveur Plex 4K en 2025 ?“.

Interface et expérience : entre “Bloatware” et austérité

Famille réunie dans un salon moderne regardant un film via un serveur multimédia fluide.

C’est souvent ici que le facteur WAF (Wife Acceptance Factor ou l’approbation de la famille) entre en jeu. L’interface doit être simple.

Plex : la beauté fatale

Plex reste le roi du design. C’est fluide, c’est beau, les musiques de fond des séries se lancent… L’effet “Wow” est là. Mais à quel prix ? Votre écran d’accueil est désormais pollué. Films en VOD, chaînes de télé gratuites remplies de pubs, suggestions “Discover”…

L’interface ne sert plus uniquement votre contenu, elle sert les partenaires commerciaux de Plex. On a parfois l’impression d’avoir invité un vendeur de tapis dans son salon.

Jellyfin : la mue spectaculaire

Oubliez l’image du logiciel “bricolé” d’il y a trois ans. Depuis la mise à jour majeure vers l’architecture EF Core (Entity Framework), Jellyfin est devenu ultra-réactif. Les temps de chargement des bibliothèques sont instantanés.

Cependant, soyons honnêtes : si vous avez une TV Samsung (Tizen) ou LG (WebOS), l’installation de l’application Jellyfin demande encore quelques acrobaties techniques, là où Plex s’installe en un clic.

Sécurité et confidentialité : qui possède vos données ?

En tant qu’admin réseaux, c’est le point qui m’empêche de dormir (j’exagère un peu). En novembre 2025, une panne des serveurs d’authentification de Plex a empêché des millions de gens de lancer… leurs propres fichiers locaux. C’est l’aberration du système centralisé : si Plex.tv tombe, votre soirée cinéma tombe avec.

Pire encore, Emby a souffert l’an passé de failles de sécurité critiques (permettant à un attaquant de prendre le contrôle du serveur), aggravées par le fait que le code est fermé : on ne peut pas vérifier si c’est vraiment corrigé.

Jellyfin fonctionne en circuit fermé. Aucune donnée ne sort de chez vous. Aucune panne internet mondiale ne vous empêchera de regarder votre série. En revanche, cela implique une responsabilité : c’est à vous de sécuriser votre accès extérieur (HTTPS, VPN). Mais la liberté a ce prix.

Le contexte français : Freebox, Livebox et matériel

Pour nous autres Français, le choix du serveur dépend aussi de notre FAI.

  • Vous avez une Freebox Ultra ? C’est le Graal. Vous pouvez installer Jellyfin directement dans une Machine Virtuelle (VM) sur la box. C’est gratuit, puissant et intégré.
  • Vous êtes chez Orange (Livebox 7) ou SFR ? Oubliez les fonctions NAS intégrées, elles sont trop limitées. Il vous faudra impérativement un petit serveur à côté (type Mini-PC N100) connecté en Ethernet 2.5G ou 10G.
  • Le client idéal : Ne sous-estimez pas les boîtiers TV des opérateurs. La Bbox 4K HDR et la Freebox Pop tournent sous Android TV. L’application Jellyfin y fonctionne à merveille, gérant la 4K sans sourciller.

Verdict : lequel installer ce week-end ?

Alors, on installe quoi ? Voici ma recommandation tranchée pour 2025.

Le choix de la raison et de l’avenir : Jellyfin

C’est mon coup de cœur technique et éthique. Si vous êtes prêt à passer une heure (une seule !) à le configurer proprement, vous obtenez un système plus performant que Plex, totalement gratuit, respectueux de votre vie privée et qui ne vous demandera jamais d’argent pour utiliser votre propre matériel.

Couplez-le avec un client comme Findroid sur mobile ou Infuse sur Apple TV, et vous ne regarderez plus jamais en arrière.

Le choix du “Luxe facile” : Plex (avec réserves)

Si le budget n’est pas un problème (250 $, tout de même !) et que vous voulez que “ça marche” immédiatement pour partager des photos avec mamie qui habite à 500 km sans lui expliquer comment installer un VPN, Plex reste imbattable sur la simplicité d’accès.

Mais acceptez d’être le produit autant que le client.

Le choix de la continuité : Emby

Honnêtement ? En 2025, Emby a le cul entre deux chaises. Moins beau que Plex, payant contrairement à Jellyfin… Il reste une option valide uniquement si vous avez impérativement besoin d’une application native sur une vieille Smart TV Samsung et que vous refusez Plex par principe.

FAQ : Les questions que tout le monde se pose

Est-ce que Jellyfin est vraiment 100 % gratuit ?
Oui, absolument. Jellyfin est un logiciel libre (FOSS). Il repose sur les dons volontaires et aucune fonctionnalité n’est verrouillée derrière un abonnement.
Peut-on migrer de Plex vers Jellyfin sans perdre ses « vus » ?
Oui ! Il existe des outils permettant de synchroniser votre état de lecture vers Trakt.tv, puis de Trakt vers Jellyfin. La manipulation est rapide et permet de conserver l’intégralité de votre historique.
Quel matériel acheter pour un serveur 4K en 2026 ?
Pas besoin de dépenser une fortune. Un Mini-PC équipé d’un processeur Intel N100 et de 16 Go de RAM suffit largement.
On en trouve entre 150 et 180 €, et ils offrent un bien meilleur transcodage que la majorité des NAS bien plus coûteux.

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