Tout savoir sur le Maglev, le train à sustentation magnétique

Avec la présentation, il y a quelques semaines, d'un prototype de train à sustentation magnétique capable d'atteindre la vitesse record de 620 km/h, la Chine fait un grand pas en avant dans la course à la performance technologique. Véritable enjeu géopolitique, le train Maglev (puisque c'est ainsi qu'on l'appelle) s'est en effet converti depuis quelques années en symbole de la rivalité ancestrale qui subsiste entre la Chine et le Japon. C'est, des deux puissances asiatiques, à qui développera le train à sustentation magnétique le plus rapide de la planète.

Mais qu'est-ce, au juste, qu'un train à sustentation magnétique ? Comment fonctionne-t-il ? Et quels sont les prototypes à l'étude actuellement ? Voici tout ce que vous devez savoir sur les origines, le fonctionnement, et les prochains déploiements du Maglev dans le monde.

Le Maglev, qu'est-ce que c'est ?

Le train à sustentation magnétique, aussi appelé Maglev (il s'agit de la contraction de Magnetic Levitation), est un système de transport unique au monde qui emploie, pour se déplacer, les forces magnétiques. À la différence des trains classiques, le Maglev n'est jamais en contact avec les rails, d'où le terme de "train flottant".

Le principe du train à sustentation magnétique SC Maglev a été imaginé au Japon dans les années 70, par la Central Japan Railway Company. La puissance asiatique est déjà reconnue pour ses prouesses technologiques en matière ferroviaire. En effet, elle est déjà à l'origine du Shinkansen, le célèbre train à grande vitesse japonais, en service depuis 1964, et dont les records en termes de vitesse et de sécurité ne sont plus à prouver.

Mais, à l'heure actuelle, le seul système de transport Maglev actuellement exploité pour transporter des passagers est le Transrapid, qui relie la ville chinoise de Shanghaï à l'aéroport de Pudong en 7 minutes. Le trajet, d'une distance de 30 km, s'effectue à la vitesse impressionnante de 430 km/h (vitesse de pointe).

Comment fonctionne le train Maglev ?

Comme son nom l'indique, la technologie Maglev repose sur le principe de sustentation (ou "répulsion") magnétique qui maintient littéralement les wagons en lévitation au-dessus des rails de guidage. Grâce à un ingénieux système de suspension électrodynamique EDS (obtenu à l'aide d'aimants supraconducteurs disposés sur les parois du train et d'électroaimants enroulés sur les voies), le train flotte dans les airs, se déplaçant alors à des vitesses jamais atteintes.

Le Maglev est muni de roues en caoutchouc qui lui servent uniquement au démarrage. Elles l'aident en effet à prendre de la vitesse et stimuler l'action des différents aimants. Lorsque le train atteint les 150 km/h, c'est la force magnétique qui prend le relais. Celle-ci est alors suffisamment puissante pour soulever le train à quelques centimètres du sol et le maintenir bien au centre dans la voie de guidage.

Sans plus aucun frottement au niveau des rails, la vitesse est fluide et augmente progressivement, jusqu'à atteindre des niveaux toujours plus impressionnants.

Si l'on en croit les témoignages suite aux différents essais effectués régulièrement, la sensation de vitesse à l'intérieur du train est saisissante. Et, lorsque le train à sustentation magnétique croise un autre Maglev en sens inverse, la vitesse est telle que l'on frôle le franchissement du mur du son.

Quel futur pour le train à sustentation magnétique ?

Intérieur prototype Maglev

Force est de constater que, mis à part le spécimen de Shanghaï, les différents projets de train Maglev présentés au fil des années n'ont jamais vu le jour. Et pour cause, les coûts de production et d'exploitation pour ce type de technologie sont tout simplement faramineux. Aussi, après la mise en service de la ligne Shanghaï-Pudong Airport, qui reste d'ailleurs exploité à perte, le projet de ligne Shanghaï-Huangzhou a rapidement été abandonné.

Le nouveau prototype développé par les ingénieurs de la CRRC Corporation Limited est, à ce titre, porteur d'espoir. Non seulement il permettrait d'obtenir des records de vitesse encore jamais atteints – 620 km/h, avec un objectif, à terme, de 800 km/h – mais les coûts de fabrication et de production seraient, en outre, considérablement réduits. En effet, le Maglev chinois prévoit, entre autres, l'utilisation d'azote liquide, en lieu et place de l'hélium employé par les japonais. De quoi être optimiste quant à une possible mise en service officielle dans les prochaines années, l'objectif visé par les ingénieurs chinois étant l'année 2027.

De son côté, le Japon travaille depuis 2009 à un prototype de train flottant Maglev capable de relier les villes de Tokyo et Nagoya en seulement 40 minutes (plus rapide qu'un vol entre les deux villes), à une vitesse moyenne de 500 km/h. L'inauguration est prévue, là aussi, pour 2027. Une prolongation Nagoya-Osaka est d'ailleurs envisagée pour 2045. L'objectif final du projet japonais est donc de relier Tokyo à Osaka en moins d'une heure, pour un coût total d'environ 55 milliards de dollars. En parallèle, le Japon travaille déjà à la vente de la technologie Maglev aux États-Unis (pour relier, notamment, les villes de New York et de Washington).

Une chose est sûre, la concurrence est féroce entre les deux puissances asiatiques. Qui plus est, celles-ci doivent désormais compter depuis 2013 avec un nouveau venu dans la course à la performance technologique : Hyperloop. Le train à sustentation magnétique américain, qui prévoit de relier Los Angeles à San Francisco, devrait ainsi pouvoir atteindre des pics de vitesse de plus de 700 km/h.

Crédits photos : CRRC Corporation Limited

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