Quand on pense à l’épopée de ceux qui ont bravé les océans, les grands marins de l’histoire comme Christophe Colomb, Ferdinand de Magellan ou Marco Polo viennent spontanément à l’esprit. Cette image est souvent associée à l’époque des Grandes découvertes, où chaque explorateur français ou européen repoussait les frontières du monde connu. Pourtant, la navigation ne s’arrête pas à cette période. Elle continue de façon spectaculaire aujourd’hui, portée par des marins français de talent qui repoussent sans cesse les limites de l’exploration et de la performance.
Nous vous proposons de découvrir six figures majeures de la voile contemporaine, ainsi qu’une nouvelle génération prometteuse.
Eric Tabarly, le pionnier
Eric Tabarly est l’un des marins les plus emblématiques de la voile moderne. Né à Nantes en 1931, il découvre la voile à l’âge de trois ans. Officier de la Marine nationale, il remporte la Transat anglaise en 1964 à bord du Pen Duick II, une victoire retentissante qui bouleverse le monde de la course au large.
Dans les années 1960, il impose son style et sa rigueur. Il innove avec des matériaux modernes et conçoit en 1968 un multicoque révolutionnaire, le Pen Duick IV. Ce bateau marque un tournant dans la course au large et place Tabarly parmi les pionniers des multicoques.
Décoré à de nombreuses reprises, ce navigateur français célèbre reste une référence pour plusieurs générations de marins. À Lorient, La Cité de la voile Eric Tabarly rend hommage à son parcours hors du commun.

Olivier de Kersauson, le recordman
Né à Bonnétable en 1944, le navigateur français connu Olivier de Kersauson se passionne très tôt pour la mer. Il rejoint Eric Tabarly à la fin des années 1960 et devient son plus proche collaborateur jusqu’en 1974. Il se lance ensuite dans la navigation en solitaire et en équipage, développant ses propres projets avec ambition.
De Kersauson établit plusieurs records, notamment celui du tour du monde en équipage en 1997, puis le Trophée Jules Verne en 2004 avec le trimaran Geronimo (63 jours). En 2005, il bat le record de la traversée du Pacifique en 4 jours, 19 heures et 31 minutes. Ses exploits en multicoque font de lui un spécialiste reconnu.
Son style décalé et sa vision stratégique ont marqué la course au large. En tant que navigateur français célèbre vivant, il reste aujourd’hui une figure incontournable du monde de la voile.
Michel Desjoyeaux, le compétiteur
Né à Concarneau en 1965, Michel Desjoyeaux, surnommé “le Professeur”, s’impose comme l’un des navigateurs les plus titrés de l’histoire. Passionné de navigation dès son plus jeune âge, il participe dès 1983 aux régates locales avant de s’impliquer dans les grandes compétitions.
Il remporte de nombreuses courses, dont la Solitaire du Figaro et la Route du Rhum. Mais c’est surtout son doublé au Vendée Globe qui le distingue. Il gagne l’épreuve en 2001 puis en 2009, un exploit unique à ce jour.
Avec plus de 25 titres à son actif, Michel Desjoyeaux allie rigueur, technicité et performance. Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 2005.
Armel Le Cléac’h, la régularité au sommet
Originaire de Saint-Pol-de-Léon, le navigateur français breton Armel Le Cléac’h voit le jour en 1977. Il dispute sa première course en solitaire en 1997. En 2003, il devient champion de France de course au large, puis champion du monde IMOCA en 2008.
Il s’illustre en remportant la Solitaire du Figaro en 2003, 2010 et 2020. Mais c’est sa performance sur le Vendée Globe qui le place au sommet. Il termine trois fois sur le podium et remporte l’édition 2016-2017, établissant un record de l’épreuve en 74 jours qui tiendra pendant huit ans.
Sa constance, sa stratégie et sa maîtrise font de lui un modèle de compétiteur moderne.
François Gabart, le navigateur innovant

Né en 1983, François Gabart incarne l’innovation et l’excellence. En 2012-2013, il remporte le Vendée Globe à 29 ans, devenant le plus jeune vainqueur de cette course mythique.
Il détient le record du tour du monde en solitaire sur multicoque avec un temps exceptionnel de 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes, réalisé en 2017 à bord du trimaran MACIF.
Désormais retiré de la compétition depuis 2025 pour naviguer en famille, Gabart pousse les limites de la technologie verte avec le projet de voilier-cargo VELA. Il influence ainsi profondément la manière de concevoir le transport maritime moderne.
Loïck Peyron, le navigateur polyvalent
Difficile de parler de chaque navigateur célèbre en France sans citer Loïck Peyron, né en 1959. Il se distingue par sa capacité à exceller dans des formats de course très variés, du monocoque au multicoque.
Il remporte la Route du Rhum à trois reprises et participe à de nombreuses éditions du Vendée Globe. Il détient également des records en équipage et s’illustre sur le Trophée Jules Verne et d’autres grandes courses.
Grâce à son expérience, son sens de l’adaptation et sa vision du sport, il reste une référence incontournable dans l’univers de la voile.
La nouvelle génération de navigateurs français
La voile française connaît un renouveau porté par une nouvelle vague de marins talentueux. Ces navigateurs combinent innovation technologique, agilité stratégique et engagement environnemental fort.
Paul Meilhat, le skipper accompli
Né en 1982, le skipper français Paul Meilhat s’est imposé progressivement sur la scène internationale. Après sa victoire sur la Route du Rhum en 2018, il a brillé en décrochant une superbe 5e place sur le Vendée Globe 2024-2025 et en remportant The Ocean Race Europe en 2025.
Très impliqué dans la transition écologique, notamment via sa campagne « United by the Ocean » lancée en 2026, il milite pour une voile plus durable. Il est devenu une figure inspirante pour les jeunes générations.
Clarisse Crémer, une femme dans le monde de la voile
Clarisse Crémer, née en 1989, est une pionnière parmi les femmes dans la course au large. Elle se fait remarquer lors du Vendée Globe 2020-2021 qu’elle termine en 87 jours (se classant 12e et établissant un record féminin), avant de confirmer son talent lors de l’édition 2024-2025 en s’emparant de la 11e place en seulement 77 jours.
Malgré un contexte difficile, elle incarne l’avenir d’une voile plus inclusive et démontre que la performance n’a pas de genre.
Les grandes courses au large qui façonnent les navigateurs
Les marins français évoluent dans un environnement compétitif structuré autour de courses mythiques. Ces épreuves représentent autant de défis physiques que mentaux, et contribuent à forger des légendes de la voile.

Le Vendée Globe est l’Everest des mers : un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, dont l’édition 2024-2025 a vu Charlie Dalin pulvériser le record en 64 jours. La Route du Rhum, transatlantique en solitaire entre Saint-Malo et la Guadeloupe qui s’élance en novembre 2026 avec une flotte record de 118 skippers, est un tremplin majeur.
La Solitaire du Figaro forme les jeunes skippers français à la précision tactique, comme lors de sa récente édition de 2026. Le Trophée Jules Verne met à l’épreuve la performance en équipage autour du monde, récemment marqué par le record historique de Thomas Coville en 40 jours en janvier 2026. Enfin, la Transat Jacques Vabre (désormais Transat Café L’Or) mêle technologie et esprit d’équipe sur l’Atlantique.
Ces courses contribuent à l’excellence de la voile française, reconnue dans le monde entier.
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Florence Arthaud, l’éternelle fiancée de l’Atlantique
Surnommée « la petite fiancée de l’Atlantique », Florence Arthaud est une figure légendaire de la voile française. Véritable pionnière, elle a marqué l’histoire de la course au large en devenant la première femme à remporter la mythique Route du Rhum en 1990, à bord de son célèbre trimaran Pierre 1er.
Femme libre et audacieuse, elle a défié les océans et brisé les préjugés dans un univers alors très masculin. Disparue tragiquement en 2015 lors d’un accident d’hélicoptère en Argentine, cette aventurière d’exception laisse un héritage immense qui continue d’inspirer les nouvelles générations de navigatrices.
Les grands marins et explorateurs français de l’histoire
L’histoire maritime de l’Hexagone s’est forgée grâce à d’illustres figures. Dès 1534, le Malouin Jacques Cartier explore le golfe du Saint-Laurent avec 61 hommes. En 2026, l’association Jacques Cartier 2034 s’active à Saint-Malo pour reconstruire La Nouvelle Hermine, réplique historique du navire de sa seconde expédition de 1535 qui mobilisa notamment La Grande Hermine et La Petite Hermine.
Au XVIIIe siècle, Louis-Antoine de Bougainville réalise le premier tour du monde français (1766-1769) à bord de La Boudeuse. Ce brillant mathématicien, auteur d’un traité de calcul intégral en 1754, ouvre la voie à Jean-François de La Pérouse. L’expédition tragique de ce dernier en 1785 sur La Boussole et L’Astrolabe revit aujourd’hui à Albi grâce au projet muséal Escale Lapérouse initié fin 2024.











