Évolution des générations : après les millennials, la génération Z esquisse l’entreprise de demain

Quels sont les caractéristiques, les profils, et les évolutions des générations depuis 1900 ? Comment les millennials de la Gen Y, et la Gen Z, esquissent le monde de l'entreprise de demain ? Comment attirer et recruter les nouveaux talents ultra-connectés issus de la génération Z ? Comment la sociologie perçoit la nouvelle génération Alpha, encore au biberon ou à l'école primaire ? Nous faisons un point complet.

Le terme génération désigne communément l’espace de temps qui sépare le renouvellement d’une population. Au début du XXème siècle, le sociologue allemand Karl Mannheim définit pour la première fois le terme génération en tant que représentation d’un ensemble de personnes ayant la même tranche d’âge, et vivant dans la même époque. Selon ce concept, chaque groupe générationnel est le reflet de la société dans laquelle il vit.

Les générations : de 1900 à 1995

La sociologie s’accorde pour définir les intervalles temporels pour chaque génération. Les années ci-dessous peuvent légèrement varier selon les études.

Nés entre 1900 et 1924 : les traditionalistes bâtisseurs

Ils survivent à la Première Guerre mondiale, à la grande Dépression de 1929, et à la Seconde Guerre mondiale. Ils sont déterminés à reconstruire les villes, les routes, et sont aussi à l’origine de notre système social actuel. Les personnes de cette génération sont reconnues pour leur volonté sans faille et leur discipline.

John Kennedy, Walt Disney, John Wayne, et le commandant Cousteau, sont des bâtisseurs.

Nés entre 1925 et 1946 : les traditionalistes silencieux

Trop jeunes pour partir à la guerre, ils ont hérité des valeurs de leurs aînés et sont conscients de leurs responsabilités. C’est une génération tampon.

Parmi les personnalités, on trouve James Dean, Elvis Presley, et Catherine Deneuve.

Évolution des générations

Nés entre 1947 et 1964 : les baby-boomers

Les baby-boomers sont nés pendant les 30 Glorieuses. Ils sont élevés dans une période faste socialement et économiquement.

Les baby-boomers sont les premiers à grandir devant une télévision, et à en subir l’influence publicitaire. Leur scolarisation l’emporte sur la vie professionnelle, contrairement à leurs parents qui privilégiaient le fait d’exercer un métier.

Leurs valeurs morales évoluent vers plus de liberté dans tous les domaines, au désespoir de leurs aînés : les baby-boomers vivent en couple hors mariage, fument du cannabis. C’est le premier fossé intergénérationnel. Parmi eux se trouvent les hippies et les jeunes de mai 68.

Bill Clinton, Bill Gates, Daniel Balavoine et France Gall sont de célèbres baby-boomers.

Nés entre 1965 et 1976 : la génération X

Nées à la fin des 30 Glorieuses, les personnes de la génération X vont passer de l'ère industrielle à l'ère de la connaissance, du savoir, tout en supportant les problèmes issus des baby-boomers. En effet, les divorces deviennent nombreux, les familles se décomposent, les emplois ne sont plus pérennes.

Le fossé se creuse de plus en plus avec les générations précédentes, qui ne comprennent pas les choix et les comportements des jeunes de la Gen X. Les patrons baby-boomers ont des réticences à les embaucher.

Pourtant, cette génération est témoin de l’avènement d’internet et des ordinateurs qu’elle découvre dès l’enfance, alors que les baby-boomers doivent se former, ou se recycler, pour en avoir une bonne utilisation. Les enfants de la Gen X participent pleinement à l’informatisation de la société et du monde du travail.

Benjamin Castaldi, Claudia Schiffer et Tom Cruise illustrent bien cette génération.

Nés entre 1977 et 1996 : la génération Y

Les enfants de la génération Y, appelés les millennials, se ressemblent tous dans leurs comportements. Ils sont accrocs aux jeux vidéo et à la télé-réalité. Cette génération est internationale.

Avec l’explosion mondiale d’internet et des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication), l’accès au savoir est facile et immédiat. Ils en maîtrisent l’utilisation, ont des capacités d’adaptation étonnantes, et le changement ne les effraie pas. Ils sont beaucoup plus autonomes que les générations précédentes, sont moins engagés avec l’entreprise qui les emploie, et sont en quête d’une vie privée épanouissante.

Le fait de passer des heures devant des écrans les a rendus individualistes et instables. Partout dans les pays développés, les start-ups n’ont jamais été aussi nombreuses, et ont à leur tête des dirigeants de cette génération. La génération du millénaire a produit de grands chefs d’entreprise, notamment dans le numérique.

C’est le cas de Mark Zuckerberg (Facebook). Nabilla, personnalité médiatique et influenceuse, a fait sa réputation sur le net grâce à une émission de télé-réalité.

Gen Z

La génération Z

Dans la lignée de la Gen Y, la génération Z, apparue entre 1997 et 2010, est ultra-connectée, égocentriste, et hypnotisée par les écrans. Les enfants de la Gen Z passent leur temps devant n’importe quel support informatique, du moment qu’ils peuvent "liker" pour tout et pour rien, ou changer le cours de la vie à grands coups de hashtags.

Heureusement, il existe quand même une petite minorité à l’opposé de cette image : ce sont les jeunes avec une vision différente du monde, qui œuvrent pour plus d’engagements envers la planète, contre la souffrance animale, ou contre les armes. Ils sont eux aussi très attachés aux réseaux sociaux et aux NTIC, mais ne les utilisent pas de la même façon.

Dans tous les cas, la génération Z est celle de YouTube, de l’auto-apprentissage, et de l’entrepreneuriat. Il n’est pas question, pour eux, d’avoir recours à de petits jobs pour arrondir les fins de mois. Les jeunes de la Gen Z sont prescripteurs, ou influenceurs, ils font le buzz sur le net, et empochent des gains monstrueux provenant des annonceurs.

Lily-Rose Depp ou encore Willow Smith sont issus de la génération Z

Que recherche la génération Z dans l’entreprise ?

Les diplômés de la génération Z veulent s’épanouir au travail, et apprendre toujours plus. S’ils ne créent pas leur start-up, ils sont attentifs à trouver un ou plusieurs emplois qui leur apportent connaissance et sérénité, en rupture avec les anciennes générations qui recherchaient stabilité et pérennité.

La mobilité est un avantage pour leur recrutement. Ils n’auront aucun état d’âme à quitter leur entreprise si ces conditions ne sont pas réunies. Recruter au sein de la Gen Z est un véritable challenge pour les RH.

Comment attirer la génération Z dans l’entreprise ?

Les RH ont dû revoir en profondeur leurs méthodes de recrutement, afin de les adapter en fonction de l’évolution de la digitalisation de l’entreprise, de l’arrivée des millennials, et, maintenant, des premiers candidats issus de la génération Z.

L’inbound-recruiting, la gamification, l’expérience candidat - d’une manière générale, tout ce qui va apporter de la valeur à la marque employeur - sont des leviers intéressants dans lesquels les recruteurs placent de grands espoirs.

Cependant, l’autre défi RH est de faciliter l’intégration de ces nouveaux talents, d’harmoniser les relations avec les collaborateurs dont l’expérience, et l’ancienneté dans l’entreprise, en font des piliers, et qui vont voir leur méthode de management chamboulée avec ces nouveaux profils ultra-connectés et indépendants.

La nouvelle génération Alpha

À partir de 2011, la génération Alpha naît dans un monde où le numérique a les pleins pouvoirs, où le virtuel est en passe de remplacer la réalité, et où la robotique est présente dans de nombreux domaines. Les jeunes de la Gen Alpha ne connaîtront jamais le monde déconnecté.

Dès leur naissance, ils vont s’attacher à contrôler leur image sur le net. Ils peuvent faire ce qu’aucune génération avant eux n’a pu faire : accéder à la connaissance pratiquement illimitée. Ils sont en train d’être modelés par l’expérience de l’IA (Intelligence Artificielle), et se préparent à la réalité de l’homme augmenté. Avec eux, c’est tout un modèle de société qui va devoir s’adapter.

La génération Alpha entrera dans le monde du travail dans plusieurs années, vers 2032. Déjà, les interrogations des dirigeants et des marques de consommation sont nombreuses : capter l’attention de la Gen Alpha, qui devrait être encore plus volatile que la précédente, représente un défi majeur.

Pourtant, ces enfants sont la somme de toutes les générations précédentes, et héritent directement de la vie de leurs parents : déménagements fréquents, divorces, gardes alternées, insécurité de l’emploi, et instabilité financière, problèmes environnementaux non réglés, etc. Même les voyagistes pressentent l’influence des enfants Alpha sur leurs parents, en termes de choix de destination, la chaîne Netflix et les diverses vidéos en streaming en sont une cause.

On constate que les caractéristiques de chaque génération, des bâtisseurs à la génération Z, sont largement influencées par le progrès technique, notamment dans le digital. On peut se demander à quel point les évolutions techniques ont impacté les transformations sociales, et surtout dans quel monde arrivera la génération Bêta : un monde déshumanisé pour les uns, meilleur pour les autres, où le transhumanisme améliorerait l'humain, le guérirait, le sauverait.

Vision utopique ou réalité ? Un tel monde est-il souhaitable ? Avant même l'arrivée des premiers frémissements de la génération Bêta, les études sociologiques ne manqueront pas de nous renseigner.

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