Covid et commerce mondial : quelles conséquences ?

La crise sanitaire a durement impacté les échanges de marchandises à l’échelle internationale. Quelles sont les conséquences du Covid sur le commerce mondial ? Voyons cela tout de suite dans cet article.

Commerce mondial : les chiffres clés

Depuis la propagation du Covid, les échanges internationaux sont sous tension. En 2020, l’activité portuaire et le fret aérien ont été fortement ralentis à cause de la pandémie. Le commerce mondial en est durement impacté et peine à retrouver son activité pré-covid.

Les perspectives de reprise ont été étudiées par l’Organisation Mondiale du Commerce. Voilà les principales conclusions du rapport, qui analyse les conséquences de la pandémie sur le commerce mondial :

  • Il apparaît que le commerce des marchandises augmenterait de 8 % en 2021, après avoir chuté de 5,3 % en 2020. Un redressement encourageant, plus net que celui espéré par les experts du commerce international.
  • La croissance devrait toutefois ralentir de moitié à l’horizon 2022. Le volume des échanges commerciaux reste, en effet, inférieur à la tendance générale pré-covid.
  • Le PIB mondial s’est contracté de 3,8 % en 2020 et devrait progresser de 5,1 % en 2021, puis revenir à une croissance plus timide de 3,8 % en 2022.
  • Les échanges de marchandises en dollars nominaux ont subi une chute de 7 % en 2020 et les services commerciaux une régression de 20 %.
  • Le cours du pétrole s’est effondré, menant à une contraction de 35 % du commerce des combustibles l’année dernière. Cette chute des cours est le fait d’une intense guerre des prix menée entre la Russie et l’Arabie Saoudite, deuxième et troisième pays exportateurs de pétrole au monde (Source : Le Figaro).
  • L’industrie du tourisme et du voyage a plongé de 63 % en 2020. Étant fortement corrélé aux évolutions sanitaires, ce secteur ne devrait pas connaître de rebond avant la fin de la pandémie.

Toujours selon ce rapport, les conséquences du Covid sur le commerce mondial en volume varient en fonction des régions. Ainsi, on apprend que, si la plupart d’entre elles connaissent un fort ralentissement tant au niveau de leurs importations que de leurs exportations, il n’en est pas de même pour l’Asie. En effet, les volumes d’exportation en Asie ont été en hausse de 0,3 % et les volumes d’importation en baisse de seulement 1,3 %. A contrario, les pays exportateurs de ressources naturelles ont connu une plus forte diminution de leurs importations.

Exportations et importations de marchandises par région, 2015T1‑2022T4

Volume du commerce mondial des marchandises, 2015T1‑2022T4

Source : OMC et CNUCED.

Source de l’image : https://www.wto.org/french/news_f/pres21_f/pr876_f.htm

Les évolutions et nouvelles tendances liées au Covid-19

A l’heure actuelle, deux scénarios coexistent dans les prévisions des experts.

D’un côté, la version optimiste stipule que l’accélération de la vaccination et la disponibilité des doses permettraient d’alléger plus rapidement les mesures de restriction du commerce international.

De l’autre côté, un scénario plus pessimiste serait celui du manque de vaccins par rapport à la demande, en plus de l’apparition de nouveaux variants, empêchant ainsi une reprise des accords commerciaux.

C’est en ce sens que s’est exprimée la nouvelle Directrice de l’Organisation Mondiale du Commerce, Ngozi Okonjo‑Iweala, lors d’une conférence de presse sur les prévisions du commerce mondial : “La montée en charge de la production de vaccins permettra aux entreprises et aux écoles de rouvrir plus rapidement et aidera les économies à se rétablir. Mais tant qu'un grand nombre de personnes et de pays seront exclus d'un accès suffisant aux vaccins, la croissance sera inhibée et cela risquera d'inverser la reprise mondiale aux niveaux sanitaire et économique.”.

Pour favoriser une reprise rapide de l’économie, Ngozi Okonjo‑Iweala appelle la communauté internationale à exploiter la puissance du commerce mondial afin d’élargir l'accès aux vaccins contre l’épidémie de Covid-19. A noter que la Chine est, actuellement, le premier producteur et exportateur de vaccins au monde (34 % du total), juste devant les Etats-Unis (25 %), selon un article du Figaro.

Selon les prévisions de l’OMC, les facteurs de risque qui pèsent sur l’économie mondiale sont donc intrinsèquement liés à la pandémie, parmi lesquels :

  • L’apparition de nouvelles souches de Covid-19 résistantes aux vaccins ;
  • Une production ou une distribution insuffisantes de doses de vaccins à l’échelle mondiale.

Par ailleurs, le poids de la dette publique et les déficits dans les pays en développement et déjà très endettés pourraient également peser dans la balance.

Quelles sont les évolutions et nouvelles tendances du commerce international envisagées par l’OMC ? En voici quelques unes :

  • L’Amérique du Nord dominera certainement la demande de biens en ce qui concerne les échanges internationaux (11,4 %). Les États-Unis ont, en effet, une forte politique de relance budgétaire qui devrait stimuler d’autres économies.
  • L’Europe comme l’Amérique du Sud devraient connaître une croissance de leurs importations à 8 %.
  • Dans les autres régions, il faut s’attendre à une hausse plus faible des importations.

Qui viendra satisfaire cette demande d’importations ? L’Asie se place ici en chef de file, avec une progression du volume d’exportation annoncée à 8,4 % pour 2021. Les exportations européennes ne sont pas en reste et augmenteront presque autant (8,3 %). Les exportations de l’Amérique du Nord évolueront, elles, moins rapidement (7,7 %).

Pour l’heure, ces prévisions plutôt encourageantes sur le commerce extérieur sont toutefois à modérer en fonction des évolutions des restrictions sanitaires, qui impactent au jour le jour le commerce mondial.

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