En 2025, acheter un téléviseur ne se résume plus à choisir une dalle. C’est choisir un cerveau. Soyons honnêtes un instant : la qualité d’image s’est nivelée par le haut. Que vous optiez pour un QD-OLED de Samsung, un OLED Evo de LG ou un Mini-LED de Sony, vous aurez une image sublime. Mais une fois l’effet “waouh” passé, qu’est-ce qui reste ? Il reste l’interface que vous allez manipuler cinquante fois par jour. Il reste la rapidité avec laquelle vous passez de Netflix à votre console. Il reste la frustration — ou le plaisir — de naviguer dans les menus.
Aujourd’hui, trois géants se partagent votre salon : Tizen (Samsung), webOS (LG) et Google TV (Sony, TCL, Philips). Chacun promet la lune, mais lequel livre vraiment la marchandise ? J’ai disséqué pour vous ces trois écosystèmes pour déterminer, selon votre profil, quel est le véritable maître du salon en 2025.
Round 1 : interface et expérience utilisateur
C’est le premier contact, celui qui détermine si vous allez aimer votre TV ou avoir envie de lancer la télécommande à travers la pièce.
Samsung Tizen (One UI) : le hub tout-puissant
Samsung a fait un pari audacieux avec sa nouvelle interface One UI : transformer votre TV en tableau de bord domotique. C’est fluide, c’est rapide (grâce à leurs processeurs NQ AI), et visuellement, c’est très propre. Le système est conçu pour unifier votre maison, surtout si vous avez un smartphone Galaxy.
Le bémol ? La publicité. Samsung est devenu très agressif sur la monétisation. Sur un écran d’accueil à 2000 €, voir une bannière géante pour de la lessive ou un SUV peut être irritant. Bien qu’il soit possible de limiter le ciblage, l’aspect “panneau publicitaire” reste présent.
LG webOS 25 : la fluidité avant Tout
LG cultive sa différence. Là où les autres empilent les menus, webOS mise sur l’élégance et ses fameuses “Quick Cards” (cartes rapides). Vous voulez du sport ? Cliquez sur la carte Sport. Du télétravail ? Carte Télétravail. C’est une logique de dossiers très intuitive qui désencombre l’écran.
L’atout maître : La Magic Remote. Cette télécommande agit comme une baguette magique (un pointeur souris à l’écran). Pour taper un mot de passe ou cliquer sur un bouton précis, c’est imbattable. Une fois qu’on y a goûté, revenir aux flèches directionnelles des concurrents semble archaïque.
Google TV (Sony / TCL) : le roi de la recommandation
Google ne veut pas que vous cherchiez où regarder, mais quoi regarder. L’interface agrège les contenus de toutes vos plateformes de streaming préférées (Disney+, Prime, Netflix) sur une seule page. L’algorithme de recommandation est effrayant de précision : il sait ce que vous aimez mieux que vous-même.
Attention cependant : Google TV est un système lourd. Si sur un Sony haut de gamme (processeur XR) c’est un bonheur, sur un TCL d’entrée de gamme, vous sentirez parfois des ralentissements. C’est un système gourmand.
Round 2 : le test du “cord-cutter” (applications & FAI)
En 2025, la “Box TV” de votre opérateur est une espèce en voie de disparition. Votre TV doit pouvoir la remplacer.
- La révolution française : Longtemps, Samsung avait l’exclusivité des applications opérateurs (OQEE de Free, B.tv+ de Bouygues, Orange TV). C’est fini. LG a comblé son retard et propose désormais nativement ces applications sur ses modèles récents. Vous pouvez donc ranger le décodeur TV dans le placard, quel que soit votre choix entre Samsung et LG.
- La bibliothèque : Google TV garde l’avantage du volume. Vous avez besoin de VLC ? De Kodi ? D’un VPN pour smart tv spécifique pour accéder à des contenus étrangers ? Le Google Play Store a tout. Tizen et webOS sont des systèmes fermés : si l’app n’est pas validée par la marque, vous ne l’aurez pas.
- Le point noir de Samsung (Dolby Vision) : C’est un détail technique qui fâche les cinéphiles. Samsung refuse toujours de payer la licence Dolby Vision (le standard HDR utilisé par Netflix et Disney+). Résultat : sur une TV Samsung, vous n’aurez “que” du HDR10 classique. Sur LG et Google TV, vous profitez de la meilleure qualité dynamique possible.
Round 3 : gaming et cloud – La console est-elle morte ?
Si vous êtes joueur, lisez attentivement ce qui suit. Les lignes ont bougé cette année.
Samsung a longtemps dominé avec son “Gaming Hub” très mature, intégrant Xbox et GeForce Now. Mais LG a frappé fort en intégrant enfin l’application native Xbox Cloud Gaming.
Plus besoin de console pour jouer au dernier Call of Duty ou Forza : une manette Bluetooth, une bonne connexion fibre, et c’est parti sur votre TV LG ou Samsung.
Côté performance pure (HDMI 2.1, 144Hz, VRR), LG et Samsung se tiennent dans un mouchoir de poche. Cependant, le menu “Optimiseur de Jeu” de LG est souvent jugé plus transparent et moins intrusif que la barre de jeu de Samsung.
Round 4 : accessibilité et seniors – Le point de bascule
C’est une préoccupation majeure et souvent négligée : “Est-ce que mes parents ou grands-parents vont réussir à s’en servir ?”. Ici, il y a un vainqueur indiscutable.
LG : le champion de l’inclusion
LG a compris le problème. Avec son initiative “Easy TV” (ou Mode Senior), webOS peut se transformer radicalement. Fini les widgets dynamiques et les menus complexes. L’interface affiche de grosses tuiles statiques : “Regarder la TV”, “Applications”, “HDMI 1”. C’est clair, lisible, et rassurant.
Mieux encore, la fonction “LG Buddy” permet à un proche de prendre le contrôle du téléviseur à distance via une application. Votre grand-mère est bloquée sur une chaîne ? Vous pouvez régler le problème depuis votre bureau sans avoir à expliquer par téléphone sur quel bouton appuyer.
Les Limites de Samsung et Google
- Google TV propose un “Mode Basique” très efficace qui transforme la Smart TV en écran simple (juste la TNT et les entrées HDMI). C’est radical mais parfait pour ceux qui ne veulent aucune fonctionnalité intelligente.
- Samsung pèche par sa télécommande. La SolarCell Remote est écologique (recharge solaire), mais elle est minimaliste : pas de pavé numérique. Pour une personne âgée habituée à taper “1” et “3” pour la chaîne 13, devoir naviguer dans un menu à l’écran est une barrière cognitive majeure.
Round 5 : maison connectée et durabilité
Si vous êtes un adepte de la domotique, Samsung Tizen écrase la concurrence. Le téléviseur devient un véritable hub SmartThings compatible Matter et Thread. Vous avez une carte 3D de votre maison sur l’écran, vous pilotez vos ampoules, vos caméras et votre lave-linge avec une fluidité déconcertante.
Côté durabilité, Samsung promet désormais 7 ans de mises à jour de l’OS sur ses nouveaux modèles AI TV. LG suit avec son programme “Re:New” garantissant 5 ans. C’est un argument de poids pour la valeur de revente : votre TV ne sera pas obsolète logiciellement dans 3 ans.
Le verdict 2025 : lequel choisir?
Il n’y a pas de mauvais système, mais il y a forcément un système qui ne vous convient pas. Voici ma recommandation finale pour ne pas vous tromper :
Le choix de la raison (famille & simplicité) : LG webOS
C’est l’équilibre parfait. L’interface est fluide, la télécommande pointeur est géniale pour tout le monde, et le mode “Easy TV” en fait le seul choix viable pour les seniors.
Avec l’arrivée des applis TV opérateurs et du Cloud Gaming, LG a gommé ses derniers défauts.
Le choix de l’écosystème (geeks & domotique) : Samsung Tizen
Si vous avez un smartphone Android (surtout Samsung) et des objets connectés, c’est le chef d’orchestre qu’il vous faut.
La puissance de SmartThings et la garantie de 7 ans de mises à jour justifient l’achat. Il faut juste accepter de vivre avec un peu de publicité.
Le choix du cinéphile (liberté &image) : Google TV (Sony)
Pour ceux qui veulent la meilleure qualité d’image (Dolby Vision obligatoire) et la liberté d’installer n’importe quelle application (VLC, lecteurs spécifiques). C’est le système des puristes qui acceptent de “bidouiller” un peu pour obtenir l’expérience parfaite.
En résumé : Achetez LG pour la tranquillité d’esprit, Samsung pour la technologie pure, et Google TV pour la liberté de contenu. De mon coté, fidèle à Sony, ça sera Google TV.















